LA TRANSLATION des reliques de St Nicolas de Myre à Bari, est certainement l'événement le plus important de l'histoire de Bari. On peut même le considérer comme la quintescence et le sommet de cet Age d'Or qui s'étend du milieu du XI au milieu du XIIe siècle. Les sources qui nous ont transmis cette nouvelle sont nombreuses et proviennent d'origines les plus variées. Cependant, en dehors de ces origines et des sources liturgiques, nous possédons aussi quelques Historiae Translationis, qui font part de détails nombreux, tant sur les événements que sur les acteurs principaux. Deux d'entre elles sont l’oeuvre de deux citoyens de Bari qui ont pu s'informer directement auprès des matelots, sur les différentes phases de l'entreprise. Ce sont Nicephorus et Johannes Archidiaconus (Archidiacre), bras droit de l'Archevêque Urso. Tandis que le premier est plus un chroniqueur, le second apparaît plus comme un historien. Il est donc plus conscient des effets politiques et avant tout religieux de cet événement. Le texte de Nicephorus nous a été transmis dans trois rédactions au moins, qui sont passablement différentes (la vaticane, celle de Bénèvent et la grecque), mais l'une complète l'autre. La source française ou Légende de Jérusalem, est en partie originale. Elle est l'oeuvre d'un compilateur qui a utilisé aussi bien Nicephorus que Johannes. La source russe, la Légende de Kiev, provenant d'un auteur contemporain, présente aussi quelques éléments originaux.
La traduction française de Nicéphorus, que nous présentons ici, s'appuie sur le Cod. Vat. 6074, en latin, publié par Nitti di Vito F..: La Leggenda della traslazione di San Nicola da Mira a Bari (La Légende de la translation de St Nicolas de Myre à Bari), extraite de Japigia (1937), Bari, pages 44-64. Nitti cite par erreur le Codex sous le numéro 5074 au lieu de 6074. Comme chez Nitti, la traduction française présente d'abord tout le texte du Codex Vaticanus, (ici les chapitres I à XV), puis, en complément, le récit du Cod. Beneventanus (Chap. XVI et XVII). Pour la division en sections ou petits chapitres, nous avons suivi Falconius N. C. : Sancti confessoris pontificis et celeberrimi thaumaturgi Nicolai Acta primigenia (Actes les plus anciens du Saint Évêque et confesseur et célèbre thaumaturge Nicolas), Naples 1751, pp. 131-139. I1 publia le premier le texte de Nicephorus. Les sous-titres des sections sont de nous.